Réagissons!





Au commissaire-enquêteur de Menciol (Saint-André)



Association « Réagissons ! »

97490 Sainte-Clotilde

 

 

                                                                                              Mme Maniandy

                                                                                              Commissaire enquêteur

                                                                                              Mairie de Saint-André

                                                                                              Enquête publique carrière Menciol

 

 

Madame le Commissaire enquêteur,

 

Merci pour votre écoute de nos arguments le matin de l’ouverture de l’enquête publique à la mairie saint-andréenne.

Je précise d’emblée que l’association que je préside a intérêt à agir dans ce domaine de l’ouverture de carrières comme dans celui de la réalisation d’une route pour relier Saint-Denis à La Possession.

Il est crucial de signaler que, dans le cadre de la construction d’une NRL, les enquêtes publiques ont commencé par l’enquête publique n° 2.. Puis l’enquête publique n° 3 n’a tenu aucun compte des remarques négatives émises lors de l’enquête n° 2 et ainsi de suite.

L’enquête n° 1 n’a jamais existé car le rapport du commissaire enquêteur Santamaria révèle que les études ont été incomplètes et qu’il n’est pas possible de les produire.

On considère comme acquis que les Réunionnais ont choisi le projet en mer en votant en 2010 pour Didier Robert. Il n’en est rien. C’est après cette élection que François Fillon, Premier Minsistre, a forcé la main à Didier Robert en le qualifiant ensuite d’habile négociateur !

Didier Robert n’avait pas mission de décider seul à la place des Réunionnais d’un projet d’une telle envergure qui aurait dû être débattu puis soumis à référendum.

Je le répète, à La Réunion, on confond enquête publique avec sondage d’opinion.

La grande consultation publique de 2004 n’a pas débouché sur la communication de ses résultats.

L’enquête publique par Internet lancée par le préfet Marx a été illégale car ses résultats n’ont pas été publiés sur le site web de la préfecture ni nulle part ailleurs.

Malgré cette illégalité, malgré l’absence de communication des documents réclamés par le ministre des Dom, Lurel, prouvant la supériorité du projet en mer, les dérogations ont été accordées et les travaux se poursuivent de plus belle.

Nous avons recensé 18 mensonges (dans 5 courriers de lecteurs successifs) pour réaliser la NRL. 18 mensonges ! ! ! Et malgré tout ça, les travaux continuent ! ! ! ! !

L’enquête publique de Bois-Blanc (Saint-Leu) a conclu au rejet du projet de carrière.  Qu’à cela ne tienne ! Le carrier modifie très légèrement son projet et le soumet de nouveau à enquête publique obligatoire. En espérant avoir à l’usure les riverains du secteur.

La DUP du préfet, accordée en 2012 sans aucune étude sérieuse est devenue caduque.

En effet, cette DUP prétendait que les carrières existantes à La Réunion suffisaient aux besoins du chantier NRL.

On voit bien que c’est absolument faux. Sinon, pourquoi aller piller Madagascar ?

Pourquoi vouloir ouvrir autant de carrières gigantesques dans des terrains éminemment agricoles ?

Peut-on savoir le coût de la location de ce terrain agricole durant 10 ans par l’épouse de J.-P. Virapoullé au carrier de Paniandy (à une profondeur illégale) ?

Peut-on également savoir le coût de la location par J.-P. Virapoullé au carrier de Menciol ?

Quel est le coût des études pour l’enquête publique de Menciol ?

Par ailleurs, est-ce bien déontologique que J.-P. Virapoullé, propriétaire du terrain de Menciol puisse faire dans sa mairie de Saint-André une enquête publique sur ce projet de carrière ?

Le trou gigantesque en fin d’exploitation sera comblé avec quoi ? Des déchets du BTP ? Quelles garanties d’absence de pollution des sols et des cultures après la remise en état des lieux ?

Concernant la carrière de Menciol, l’autorité environnementale émet les plus grandes réserves, craignant la pollution des sols et des nappes phréatiques et l’éradication d’un certain nombres d’espèces animales. C’est un refus poli et courtois de ce projet de carrière.

 

Madame le Commissaire enquêteur, l’État et le carrier se moquent des Réunionnais et se paient également votre tête !

Ne lit-on pas dans le JIR du 24 août 16 que le chantier de la digue est suspendu jusqu’à l’obtention d’autorisation d’ouverture des carrières, d’ici à fin 2017 ?

À quoi bon faire une enquête publique pour Menciol si, quels que soient les avis négatifs des citoyens, les autorisations d’ouverture sont déjà programmées ?

Ne lit-on pas également dans Zinfos974 du 23 août 16 que c’est Guintoli qui sera chargé des travaux ? Le futur simple « sera » ne tolère aucun doute sur l’ouverture de cette méga carrière.

Madame, on vous fait travailler pour des prunes, là !

Les terres et les espèces animales de La Réunion ne valent pas tripette face aux besoins en pépettes de Bouygues, Vinci, GTOI, SBTPC, Guintoli et Cie.

Mais il vous faut savoir qu’il existe des solutions alternatives terrestres bien meilleures que la NRL en mer, bien moins chères, plus écologiques et pouvant faire travailler davantage de locaux.

Vous devez également savoir qu’il est encore temps de basculer le projet sur la terre et que nous avons encore un an pour le faire avant d’atteinde le point de non-retour.

Avec une alternative terrestre, aucun besoin de creusement de nouvelles carrières ! ! !

En outre, ces tracés débouchent au niveau du pont Vinh-San, faisant économiser le ½ milliard d’€ d’un bd nord. Cet argent permettrait de réaménager le bd sud pour en faire ce qu’il devait être : une voie de liaison rapide entre le RSMA et l’aéroport de Gillot.

Nous vous signalons, en outre, qu’en l’absence de matériaux disponibles à La Réunion, la Région Réunion envisagerait de réaliser une NRL toute en viaduc et qu’alors, les prix de revient de cette route grimperaient en flèche.

Or, la Région a budgétisé la route à 1, 66 Md d’€ (sans un bd nord, escompter ½ Md €).

Il est certain qu’avec un projet tout en viaduc et avec les aléas climatiques, les travaux et surcoûts non prévus, les hausses du prix des matières premières et des salaires, l’on serait plus proche des 3, 67 Md d’€.

Nous rappelons également que la route des Tamarins et le nouveau pont de la rivière Saint-Étienne ont été livrés à + 70 % du prix de départ.

La Région Réunion ayant en 2016 un financement disponible de 1, 66 Md d’€, il manque dès à présent DEUX petits milliards d’€. Où Didier Robert va-t-il les trouver ? ? ?

Madame le Commissaire enquêteur, l’on essaiera très probablement de vous prendre pour une cruche en vous disant que notre contribution est hors-sujet, mis à part notre rappel de l’avis de l’autorité environnementale.

Nous disons et répétons que, depuis le début de ce projet de NRL, l’État et les majors mondiaux du BTP nous prennent pour des gogos en cherchant par tous les moyens à nous gruger avec ce GPII (grand projet inutile et imposé).

Nous disons : Il faut dire OUI à une nouvelle liaison Saint-Denis / La Possession par la terre et non par la mer ! ! !

C’est bien justement parce qu’on a perdu du temps et dépensé déjà beaucoup d’argent ( 500 millions d’€ de travaux préparatoires) qu’il est impératif d’arrêter l’hémorragie financière de cette NRL en mer.

Ce n’est pas parce qu’une erreur grave a été commencée qu’il faut à tout prix et à n’importe quel prix la faire aller jusqu’à son terme !

« Réagissons ! »

Le Président

Armand Gunet

Le 30 août 2016